N° ACR0000006 - Viaduc ferroviaire de Longeray

 
Adresse : ligne de Longeray-Bouveret (104, 147 km)
  01200 Léaz
Coordonnées GPS : 46.097500, 5.883259
Coordonnées GPS : 46.097500, 5.883259
Dates Construction : 1941 ; 1953
Date de classement : 2003
Auteur : Entreprise Limousin (entrepreneur) ; Cayla (ingénieur) ; Oudotte (ingénieur de l'entreprise)
Patrimoine du 20e siècle

Description Historique :

En 1881, la voie ferrée Bellegarde-Saint-Gingolph (Haute-Savoie) est mise en service. Ce tronçon nécessita la construction de plusieurs ouvrages d'art : tunnels, ponts. C'est sur ce tracé, que le viaduc de Longeray est construit. Il enjambait le Rhône au-dessous du village de Longeray (Léaz) en aval de Fort l'Écluse. Le viaduc de Longeray se présentait sous la forme d'un tablier métallique de 210 mètres de longueur porté par cinq piles en maçonnerie de 52 mètres de haut (côté Bellegarde) et par cinq arches en maçonnerie de 15 mètres d'ouverture formant un viaduc d'accès. Il se composait essentiellement de quatre travées métalliques solidaires ayant respectivement 48 mètres, 58 mètres, 69 mètres, et 54 mètres de portée reposant sur cinq piles en maçonnerie. La hauteur au-dessus du Rhône était de 60 mètres. Un viaduc d'accès en maçonnerie côté Haute-Savoie composé de cinq voûtes plein cintre de 15 mètres d'ouverture, complétait l'ouvrage métallique, très représentatif de l'architecture de l'époque. La longueur totale de l'ensemble était de 365 mètres. En juin 1940, pour freiner l'avance des armées allemandes, le Génie Français fit sauter l'ouvrage, la destruction à l'explosif de la pile centrale eut pour conséquence l'effondrement complet du tablier métallique. Dès la fin 1940, la SNCF, soucieuse de rétablir le trafic avec la Haute-Savoie et la Suisse, décida de reconstruire le viaduc. Un premier avant-projet chercha à reconstruire l'ouvrage primitif, avec un tablier métallique et des caractéristiques plus modernes. Cependant, devant l'impossibilité d'approvisionner les aciers nécessaires à son rétablissement, la SNCF décida d'utiliser le béton armé. Le viaduc fut édifié par la Société des entreprises Limousin de Paris, entre la fin 1940 et le 1er août 1943. Par un système de vérins, d'axes de rotation en acier et de câbles, les deux demi-cintres sont assemblés le 24 juillet 1942. L'accès au chantier était difficile, en raison de l'escarpement des rives, celui-ci fut-il desservi, au niveau du Rhône, par une passerelle de service suspendue, et au-dessus du chantier par deux téléphériques de plus de 300 mètres de portée pour transporter les éléments lourds. L'ouvrage fut livré à la circulation le 31 juillet 1943, malgré les nombreuses difficultés rencontrées pendant toute la durée du chantier, notamment dans les six derniers mois, tant pour l'approvisionnement des matériaux que pour le recrutement de la main-d’œuvre. Le devis estimatif des travaux y compris la démolition des restes de l'ancien pont se montait à 19 200 000 francs en 1940. L'ouvrage terminé est un des plus grands ponts ferroviaires modernes. En effet, le viaduc de Longeray est l'ouvrage le plus important qui ait été reconstruit en France depuis l'Armistice. Il faut souligner que, pour l'époque et avec des moyens difficiles, la construction du viaduc fut une réussite technique. L'emploi de caissons creux tant pour les piles que pour le tablier a permis de donner, aux diverses parties de l'ouvrage, une légèreté et une très grande pureté des lignes. La pénurie de matière a contraint les équipes techniques de s'investir davantage dans l'étude des formes, et la volonté de reconstruire le viaduc en adéquation avec l'environnement, sans nuire au paysage.

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